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comme nous-nous réincarnons, nos pensées selon quelles soient bonnes ou mauva
Par sainte-trinite, le 03.05.2020
Date de création : 29.11.2013
Dernière mise à jour :
08.05.2014
14 articles
12- Le temps des comptes
(Extrait)
« Personnellement je n’ai jamais arrêté de résistants »
Audition d’Alexandre Villaplane, 7 septembre 1944
Les autorités recherchèrent les membres de la Phalange nord-africaine et de la Gestapo française de la rue Lauriston dès la Libération de la Dordogne et de Paris dont la plupart était originaire. Certains furent même arrêtés au cours des combats de la libération de la capitale comme Alexandre Villaplane et son ami Charles Laguerre.
On se souvient qu’Alexandre Villaplane, sentant le vent tourner, avait quitté la Dordogne au début du mois de juin 1944 pour rejoindre Paris. Il y avait aussitôt repris ses activités de prédation quotidienne : les affaires de faux policiers. Villaplane « travaillait » ainsi au gré des opportunités avec d’autres individus. Parmi eux, Axel Bowing, un ancien décorateur de théâtre membre également de la « Gestapo française » depuis 1941 et qui avait sévi pendant trois mois dans la section de la Phalange de Corrèze. Quelques jours avant la Libération de Paris, le 11 août 1944, Villaplane et Bowing s’étaient emparés de 900 dollars, d’un briquet et d’une bague en or au préjudice d’un enseignant de nationalité arménienne[1]. Les deux truands avaient également tenté de lui extorquer 300 000 francs, Bowing lui ayant déclaré : « Ce que nous faisons n’est pas bien, mais nous sommes foutus d’ailleurs la semaine prochaine je pars en Allemagne ». Puis les deux acolytes proposèrent à l’enseignant de prendre l’apéritif en lui indiquant qu’ils espéraient qu’il serait « régulier[2] ».
En ce mois d’août 1944 où les événements se précipitèrent à Paris, Villaplane continua néanmoins à mener grande vie sans trop se poser de questions. Ainsi, il fréquentait assidûment le bar interlope des époux Grignola[3], rue Coquillère, où il préparait ses nouveaux méfaits. Villaplane avait même procuré au patron de l’établissement, Noël Grignola, une carte de police qui lui permit de participer avec lui à plusieurs affaires de faux policiers au cours du mois d’août 1944[4].
Finalement, Alexandre Villaplane et Charles Laguerre furent arrêtés par les inspecteurs Metra et Petit le 24 août 1944 lors des journées insurrectionnelles. D’après l’inspecteur Chevy tous deux « pris les armes à la main, tirant sur les combattants[5] ».
Tout comme Villaplane, les principaux membres de la rue Lauriston ne tardèrent pas à être identifiés puis arrêtés. Le plus important d’entre eux, le tout puissant chef de la Carlingue, Henri Lafont, ainsi que son adjoint Pierre Bonny furent découverts le 30 août 1944 à la ferme de Baslin, à Bazoches (Loiret), par l’inspecteur Morin assisté d’éléments FFI. Bonny et Lafont avaient trouvé refuge à Bazoches une semaine plus tôt dans la perspective de gagner l’Allemagne dès que les événements le permettraient ; mais ils avaient été trahis par leur « ami » Joseph Joanovici qui avait, rappelons-le, financé l’équipement de la Phalange puis était ensuite judicieusement devenu un soutien ardent de la Résistance, en particulier du réseau Honneur de la Police.
Les interrogatoires des ex-membres de la Rue Lauriston débutèrent dès le début du mois de septembre 1944.